La référence en expertise médicale et évaluation du dommage corporel

La référence en évaluation du dommage corporel et expertises médicales

Les médecins du sport, acteurs de la reconstruction post-traumatique sportive

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Article rédigé avec l’aimable collaboration du Docteur Philippe Richard*, médecin du sport et ex-trésorier de l’AMCSA Ile-de-France.

Pour tous les amateurs de sport, un dommage corporel ou une maladie peut avoir un impact dévastateur, affectant directement les capacités physiques et psychologiques des individus. Que l’on soit un sportif occasionnel ou un athlète de haut niveau, l’activité sportive est une composante essentielle de l’hygiène de vie de millions de Français**. Dans ce contexte, les médecins du sport et conseils experts jouent un rôle crucial dans la reconstruction post-traumatique, aidant les sportifs à s’adapter à leur nouvel état et à retrouver une activité physique adaptée.

L'importance de l'évaluation initiale

La première étape pour un médecin conseil expert consiste à évaluer le préjudice physique subi par le patient suite à un dommage corporel. Cette évaluation inclut la détermination de la gêne fonctionnelle dans les activités sportives. Il est essentiel de ne pas négliger l’aspect psychologique lié à tout traumatisme de ce type. Pour certains, la difficulté réside dans le fait de faire le deuil de leur activité physique antérieure. Il est donc crucial de les orienter vers des activités adaptées à leur nouveau handicap.

Les progrès technologiques et l'adaptation des équipements sportifs

Grâce aux avancées technologiques des dernières années, les progrès de la médecine et de la réadaptation physique ont joué un rôle essentiel dans l’évolution sportive et notamment concernant le handisport. Les traitements médicaux avancés, tels que la chirurgie réparatrice et les thérapies de régénération tissulaire, ont permis de minimiser les limitations physiques des athlètes handicapés. De plus, les programmes de réadaptation physique spécialisés ont contribué à optimiser les performances des athlètes et à prévenir les blessures. Des progrès considérables ont été faits sur les équipements, des fauteuils roulants permettant de jouer au tennis, par exemple, aux vélos spécialement conçus pour continuer de pratiquer son activité sportive favorite. Ces innovations ouvrent de nouvelles perspectives pour les sportifs en reconstruction post-traumatique.

Deux catégories de sportifs

On peut distinguer deux catégories de sportifs : ceux qui pratiquent une activité physique par plaisir et pour l’hygiène de vie, et ceux pour qui le sport est un métier. Pour ces derniers, il est indispensable de trouver des solutions adaptées qui leur permettent de retrouver leur vie d’avant, même après l’impact traumatique de l’accident ou de la maladie. Les médecins du sport doivent donc proposer des parcours de soins personnalisés, en fonction des besoins et des objectifs de chaque patient.

Les types de patients et de traumatismes

Les médecins du sport reçoivent des patients aux profils variés, allant des grands sportifs aux personnes ayant une activité physique moyenne, voire inexistante. Parmi les patients, on trouve des sportifs amateurs confrontés à des compétitions de niveau départemental à national. Le docteur Richard, par exemple, est amené à rencontrer des patients démarrant ou reprenant une activité physique comme des sportifs d’activités diverses (gymnastes ayant 8 à 12 heures d’entraînement par semaine, judokas, joueurs de sports collectifs, nageurs, marathoniens, …). Les traumatismes les plus fréquemment rencontrés incluent des entorses des membres inférieurs et supérieurs, des luxations d’épaule, des claquages musculaires, des ruptures de tendon d’Achille, des ostéochondrites de croissance et des lésions cutanées. Il y a également de nombreux microtraumatismes tels que des tendinopathies, des périostites, des spondylolisthésis (judo, trampoline…) ou des fractures de fatigue…

Le parcours type d'un patient

Lors de la consultation, un interrogatoire complet et un examen clinique précis sont réalisés. Des examens complémentaires sont prescrits si nécessaire. La prise en charge thérapeutique comprend un traitement local, général ou fonctionnel avec une rééducation ciblée, adaptée à l’état et au niveau du sportif. La rééducation est prescrite rapidement dès qu’un déficit fonctionnel articulaire et/ou musculaire est constaté.

L'organisation de la rééducation et son suivi

Un kinésithérapeute spécialisé dans la prise en charge des sportifs est conseillé. La rééducation est organisée en fonction du niveau sportif et de la prévision de reprise. Un minimum de 2 séances par semaine est nécessaire sur une base de 6 semaines au départ. La fréquence et la durée seront adaptées avec le kinésithérapeute. Des conseils pour améliorer les gestes sportifs sont également donnés pour adapter la reprise et éviter d’éventuelles tendinopathie***.

Un exemple de reconstruction post-traumatique

La luxation de l’épaule chez un judoka amateur arrive fréquemment. Après réduction, une phase d’immobilisation et de récupération de la mobilité, le renforcement musculaire pour limiter la récidive est très important. La motivation du sportif est vitale pour que cette rééducation soit menée à terme, et le binôme médecin – rééducateur est nécessaire.

Les difficultés rencontrées

Les médecins du sport rencontrent plusieurs difficultés dans leur métier, notamment les délais d’obtention d’examens complémentaires, en particulier d’imagerie, qui sont de plus en plus longs et n’ont pas toujours la précision escomptée. « Même en cas d’intervention personnelle pour accélérer, nous ne sommes pas forcément écoutés », précise le docteur Richard. Avoir un réseau local de kinésithérapeutes avec une orientation sportive est difficile. « Il en est de même pour les échanges avec les entraîneurs sportifs qu’il est important d’impliquer », poursuit le docteur Richard.

Les pistes d'amélioration

Pour faciliter leur mission, les médecins du sport suggèrent de valoriser la médecine du sport auprès des acteurs de santé du sport, des sportifs, des clubs de sport et des entraîneurs sportifs. Ils proposent également d’organiser une filière globale et pluridisciplinaire de prise en charge d’un sportif interrompu dans son activité par blessure ou pathologie, tant dans le cadre du parcours diagnostic que dans celui de la prise en charge ultérieure jusqu’à la reprise sportive.

En conclusion, les médecins du sport  jouent un rôle essentiel dans la reconstruction post-traumatique sportive. Leur expertise permet aux sportifs d’être accompagnés au mieux afin de retrouver une activité physique adaptée à leur nouvel état, tout en prenant en compte les aspects physiques et psychologiques de leur traumatisme. Grâce à leur intervention, de nombreux sportifs peuvent continuer à pratiquer leur passion, malgré les obstacles rencontrés.

*Parcours du Docteur Philippe Richard

Médecin généraliste, Philippe Richard était souvent sollicité par des patients sportifs pour la préparation de compétition, la reprise après traumatisme, des limitations douloureuses dans leur pratique. Puis, on lui propose la présidence d’un club de sports acrobatiques. Il s’est formé en biologie et médecine du sport et des cours de traumatologie du sport. Il a pu régulièrement approfondir ses connaissances, particulièrement dans la prévention et la prise en charge après la phase aiguë des pathologies et accidents liés au sport. Le docteur Richard a occupé le poste de médecin conseil d’un comité départemental de trampoline et sports acrobatiques pendant 5 ans.

**Etude IFOP et Allianz, réalisée dans la cadre des JO 2024, début août 2024

84% des répondants en Hexagone considérant l’activité physique comme importante. 64% déclarent y allouer au moins 30 minutes par jour, et 93% en perçoivent les bienfaits pour leur santé physique, tandis que 69% notent des effets positifs sur leur bien-être mental et/ou diminution du stress.

***Tendinopathie

Une tendinopathie est l’apparition d’une douleur inflammatoire aiguë ou chronique d’un tendon sur utilisé par la répétition d’un geste qui apporte une contrainte tendino-musculaire et une fatigabilité à ce niveau.

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